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Le radar vitesse est-il réellement utile ?

On peut s'interroger sur la pertinence de maintenir ce système qui commence à prendre une ampleur considérable : il y a environ 222 000 flashs par jour en France, pris par les radars de vitesse (souvent par le radar autoroute) qui sont la plupart du temps localisés à certains endroits bien précis (le radar de vitesse qui flash le plus totalise 550 flashs par jour). Ces radars à fort rendement opèrent en effet majoritairement sur des portions à chaussées séparées situées en entrée d'autoroutes et limitées à 110 km/h. Il est clair que le radar autoroute a une cadence de flashs beaucoup plus importante que celle du radar routier dans la mesure où le trafic n'est pas le même dans les deux cas. La forte fréquence des infractions pourrait donc être liée, en plus de l'inattention des usagers, à la typologie ambiguë de ces voies. Il s'agit en quelque sorte d'un piège pour automobilistes, le but étant davantage de les coincer en flagrant délit de dépassement de vitesse par un radar autoroute que de faire diminuer la mortalité sur les routes (ce n'est pas à ces genres d'endroits qu'il y a le plus de morts, dans ce cas-là il faudrait plutôt privilégier le radar routier plutôt que le radar autoroute).

Le gros problème posé par ce type de radar vitesse est le nombre de plus en plus élevés de personnes qui perdent leur permis et qui se retrouvent ainsi souvent sans emploi (la plupart du temps, si ils perdent leur permis, c'est qu'ils font beaucoup de km parce que leur emploi repose dessus : routiers, attachés commerciaux ...). En 2008, plus de 98 000 personnes ont perdus leur permis et on estime à 100 000 le nombre d'automobilistes roulant sans permis en France. Ce nombre est très certainement sous-évalué.

Peut-on donc dire que ce radars vitesse est malgrés tout utile ? Au début oui mais maintenant que la prise de conscience est passée, on peut se poser quelques questions. Par exemple : les 600 radars vitesse de plus ajoutés entre 2006 et 2007 ont permis de réduire les victimes de la route de seulement 1,9% alors les 200 radars automatiques installés en plus entre 2005 et 2006 ont diminué le nombre de tués de 11,5%. Dans la mesure où le radar vitesse 2005/2006 n'est pas 18 fois plus efficaces que le radar vitesse de 2006/2007, on est bien forcé d'arriver à la conclusion que plus on rajoute de radars automatiques, moins ils sont utiles (c'est à dire pas utile au niveau de la mortalité, ils restent très utiles à l'Etat pour renflouer ses caisses). L'affirmation culpabilisante que l'on nous répète à l'envie selon laquelle « plus de radars = moins de morts » est fausse. Ce n'est absolument pas automatique.
Ainsi on peut estimer que la baisse de 7,5% du nombre de morts sur les routes entre 2007 et 2008 est davantage due à la baisse de trafic de 1,5% entre les deux années, qu'à l'installation de nouveaux radars.

Sur la même longueur d'onde, l'ABD (Association of British Driver : l'association des conducteurs britanniques) remet en cause 2 règles considérées comme des vérités par le gouvernement français qui favorise tant l'augmentation de ce type de radar routier : "réduire la vitesse de 1 mph (1,6 km/h) réduit de 5% le risque d'accident" est faux la vitesse ne tue pas L'ABD met en avant que les accidents de la route sont un phénomène cyclique, et que les gouvernements attendent un pic d'accidents pour mettre en place une politique qui aura un effet temporaire ou illusoire. En comparant les vitesses et l'accidentologie des pays européens, ils constatent les limitations officielles des vitesses n'influencent pas le taux d'accidents ; en particulier l'Allemagne où la vitesse n'est pas limitée sur certains tronçons est l'un des taux les plus bas. Ils prennent l'exemple des USA, où le fait d'avoir fait sauter la limite nationale a permis à chaque état d'augmenter la vitesse limite des routes inter-états et a ainsi diminuer les accidents ; il s'agissait sûrement des accidents dûs à la fatigue sur les longues distances. Ainsi l'efficacité de ces radars de vitesse reste contestable.

Cette surveillance par radar routier et radar autoroute est donc d'une part peu démocratique car les victimes sont les gens qui roulent le plus (et qui ont donc le plus besoin de leur voiture), et d'autre part a pris une proportion trop disproportionnée par rapport à la situation actuelle. De plus, l'utilité de telles mesures (installation de nouveaux radars de vitesse ...) reste franchement discutable. La difficulté posée par ce genre de situation est que ces vérités sont dures à admettre dans une société très sécuritaire qui pourra toujours objecter que comme la valeur d'une vie humaine est inéstimable, il devient indispensable de rouler à 130 km/h, puis 110, de surveiller chaque personne pour être sûr que personne ne risque de franchir des limites et bientôt peut être de mettre des caméras dans chaque voiture pour avoir la certitude que le conducteur qui s'y trouve ne fait rien d'illégal parce qu'il y aurait un risque (aussi ténu soit-il) de blesser ou tuer quelqu'un.

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